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Cycle de conférences (septembre à décembre)


Mardi, 26 Septembre, 2017 - 09:00 to Lundi, 4 Décembre, 2017 - 18:00

L’Atelier Genre(s) et Sexualité(s) change ! Il est devenu une unité de recherche de l’Institut de Sociologie de l’ULB et se compose de David Paternotte (directeur), Valérie Piette, Amandine Lauro, Ov. Cristian Norocel, Aurélie Aromatario, Elena Avramovska, Ahmed Hamila, Sophie van der Dussen et Weili Wang. David Berliner, Annalisa Casini et Cathy Herbrand restent étroitement associés à ses activités. L’Atelier fait également partie de Striges, la Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre, l’égalité et la sexualité, de la Maison des Sciences humaines de l’ULB.

L’horaire change ! La plupart des séances ont désormais lieu de 17 à 19h.

Mardi 26 septembre, 17-19h: "Les politiques de « l’investissement social ». Quelles conséquences pour les rapports de genre?"

Professeure invitée MSH : Jane Jenson (Université de Montréal)
vec l’Université des Femmes et le groupe Genre et politique de l’Association belge francophone de science politique.

Lieu: Salle Henri Janne (15e étage), Institut de Sociologie de l'ULB, Avenue Jeanne, 44, 1050 Bruxelles

Résumé

Plusieurs régimes de protection sociale ont étés remodelés depuis le milieu des années 1990 dans une direction commune, à savoir vers une perspective qu’on peut décrire comme celui d’investissement social.  Les États comme l’Union européenne ont annoncé leur engagement envers les investissements sociaux afin de répondre aux besoins de l’économie de savoir. Cet engagement passe par un accent accru sur le capital humain (donc sur les investissements en éducation, y compris à la petite enfance) et sur l’activité professionnelle, en particulier des femmes.  Cette intervention abordera les conséquences d’un tel engagement pour les rapports de genre, en particulier les efforts politiques de les rendre plus égalitaires et inclusifs.

Biographie

Jane Jenson est professeure émérite au Département de science politique de l’Université de Montréal.  Elle est devenue titulaire de la Chaire de recherche du Canada en citoyenneté et en gouvernance en  2001 (renouvelée en 2008), boursière principale de 2004 au 2017 du Programme Bien-être collectif (Successful Societies) de l’Institut canadien des recherches avancées (www.cifar.ca), et lauréate de la Fondation Trudeau du 2005 à 2008.  Ses recherches portent sur les politiques sociales et les transformations des paradigmes de régulation sociale, avec une perspective de genre et féministe. Depuis 20 ans elle suit l’instrumentation de la perspective de l’investissement social en Amérique latine comme en Europe, avec publications dans Social Politics, Journal of Social Policy, Social Policy and Administration, etc. Son ouvrage le plus récent est Reassembling Motherhood. Procreation and Care in a Globalized World (avec Y. Ergas et S. Michel) Columbia University Press, 2017.

 

Mardi 3 octobre, 12h30-14h: "Trajectoires contre-stéréotypiques : comparaison intergroupe des stéréotypes implicites de femmes et d’hommes (contre)-stéréotypiques"

Professeure invitée MSH: Annique Smeding ( Université de Savoie)
Avec le Centre de psychologie sociale et culturelle.

Lieu: Salle DC8-322 (8e étage),, Bâtiment D, Avenue Depage, 30, 1000 Bruxelles

Résumé

Les femmes sont encore fortement sous-représentées en Sciences, Techniques, Ingénierie et Mathématiques (ici appelés STEM), mais certaines arrivent à poursuivre un cursus contre-stéréotypique, telles les femmes en écoles d’ingénieurs et en mathématiques. Nous présentons un programme de recherches examinant les stéréotypes de genre implicites dans le domaine des STEM chez des femmes et des hommes stéréotypiques (femmes en sciences humaines, hommes en ingénierie) et contre-stéréotypiques (femmes en ingénierie, hommes en sciences humaines). L’étude 1 testait si des stéréotypes implicites maths-genre – associations entre maths et masculin telles que mesurées par le test d’associations implicites (IAT) – seraient plus faibles pour les femmes en ingénierie (des femmes contre-stéréotypiques) que pour les membres des trois autres groupes sociaux. L’étude 2 testait la même hypothèse avec les stéréotypes implicites rationalité-genre (association entre rationalité et masculin). L’étude 3 testait la présence de ces associations avec un IAT couplé à une technique de mouse-tracking. Dans l’étude 4, une étude computationnelle, les données humaines ont été simulées avec un modèle connexionniste paramétré pour refléter les différences (théoriques) entre les quatre groupes sociaux étudiés précédemment. Les études 5 et 6 avaient pour objectif complémentaire de tester si l’émergence des stéréotypes implicites était déterminée, au moins en partie, par la présence d’associations congruentes avec le Soi, mais aussi par les caractéristiques visuo-spatiales de la tâche et la compétition aux niveaux sensorimoteurs et abstraits. Ensemble, les résultats mettent en évidence, d’une part, que les femmes en ingénierie ont les stéréotypes de genre implicites les plus faibles et soutiennent, d’autre part, le rôle central du Soi dans la construction d’associations contre-stéréotypiques. Les implications pour les trajectoires académiques et professionnelles des femmes, ainsi que les leviers d’action potentiels, seront discutés.

Biographie

Annique Smeding (Professeure en Psychologie sociale, Université Savoie Mont Blanc et Laboratoire Interuniversitaire de Psychologie : Personnalité, Cognition, Changement Social - LIP/PC2S)

 

Mardi 17 octobre, 17-19h: "The language of gender: Problems and counter-problems in anthropological description"

Professeure invitée : Marilyn Strathern (University of Cambridge)
Avec le Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains

Lieu: Room Henri Janne (15e floor), Institut de Sociologie de l’ULB, Avenue Jeanne, 44, 1050 Bruxelles

Abstract

This is a work in progress paper, imagined as a kind of clearing ground for a more extensive project on relationality, kinship and otherwise.  What has to be cleared up, or cleared out of the way, are formulations of gender and sexuality that at one stage seemed to be solutions to problems in the conceptualization of social life.  The publication of a text written more than forty years ago brings all this into sharp focus for the author.  Before and After Gender (orig. 1974 / 2016) speaks to a world of problems largely superseded.  Nonetheless, some of its solutions seeped into The Gender of the Gift (1988), with an extended life in the form of new problems; the latter [GOG] in turn generated more solutions, such as certain renderings of the ‘partible person’ or ‘androgyne’, only these days to have become problems in their own right.  Conceiving the process by which one generation of problematics produces another prompts a fresh perspective on recent work that has revisited Melanesian gender ideology.  In any event, perhaps the fineness of the line between maintaining responsibility for one’s words and recognizing when they have had their day justifies the personal nature of this account. o ignored

Biography

To come.

 

Mercredi 25 et jeudi 26 octobre : "Colloque « Troubles féministes dans l’islam et le judaïsme »"

« Troubles féministes dans l’islam et le judaïsme » vise à explorer en quoi les pratiques féministes et de genre déstabilisent et subvertissent les assignations et pratiques normatives du judaïsme et de l'islam. Les questions d'identité, de patriarcat, de loi religieuse, de sexualité, de mémoire seront notamment explorées. Les disciplines seront croisées : histoire, sociologie, anthropologie, science politique, arts,psychanalyse et études des religions offriront chacune, avec leurs spécificités, des clés de réflexion sur les enjeux féministes contemporains. Les intervenant.e.s viendront confronter leurs idées et pistes de réflexions. Cette initiative contribuera à la compréhension de la diversité et des discours conflictuels qui constituent les féminismes dans leurs rapports aux cultures juives ou musulmanes.

Avec Noura Amer (Arab Women's Solidarity Association/ULB), Ann-Gaëlle Attias, Malika Benradi (Université Mohammed V de Rabat), David Berliner (ULB), Mylène Botbol-Baum (UCL), Sarah Bracke (Universiteit van Amsterdam), Meriam Cheikh (University of Edimburgh), Natacha Chetcuti-Osorovitz (ULB/Centrale SupElec), Ghaliya Djelloul (UCL), Leïla El-Bachiri (Université de Genève), Nadia Fadil (KUL), Pascale Falek-Alhadeff (Musée juif de Belgique), Thomas Gergely (Institut d’études du judaïsme), Martine Gross (EHESS), Malika Hamidi (Université Gaston Berger, St Louis du Sénégal), Irène Kaufer, Asma Lamrabet (Centre des Etudes Féminines en Islam ), Nelly Las (Université hébraïque de Jérusalem/Brandeis University), Iman Lechkar (VUB), Firouzeh Nahanvandi (ULB), Patricia Paperman ((Université Paris 8) , Wim Peumans (University of the Witwatersrand), Nadine Plateau (Conseil des Femmes Francophones de Belgique), Michal Raz (EHESS), Simone Susskind (Parlement bruxellois), Liliane Vanna (ULB), Fatima Zibouh (ULg)

Organisé par Striges et OMAM (Maison des sciences humaines), en collaboration avec l’Atelier Genres et Sexualités, le Centre d'études de la coopération internationale et du développement (CECID), le Groupe de Recherche sur les relations Ethniques, les Migrations et l'Egalité (GERME), le Laboratoire d'Anthropologie des Mondes Contemporains (LAMC), le  Centre Interdisciplinaire d'Etude des Religions et de la Laïcité (CIERL) et l’Institut de Sociologie de l’ULB, DiverCity, l’Institut d’Etudes du Judaïsme, le Musée Juif de Belgique et le Parlement bruxellois.

Lieu: Salle Dupréel, Avenue Jeanne, 44, 1050 Bruxelles

 

Mardi 21 novembre, 17-19h: "Que des fantasmes ? Pornographie et politique des désirs"

Professeur invité : Mathieu Trachman (Professeur invité MSH, Institut national d’études démographiques, Paris)
Avec La Disco et Clara.

Lieu: Salle Henri Janne (15e étage), Institut de Sociologie de l'ULB, Avenue Jeanne, 44, 1050 Bruxelles

Résumé

La notion de fantasme tient une place particulière dans les débats sur la pornographie. En définissant leur métier comme la représentation des fantasmes du public, les pornographes les constituent en mises en image inoffensives qui ne font que traduire les désirs des consommateurs. Celles et ceux qui luttent contre la pornographie affirment que cette conception ne vise qu’à légitimer des représentations sexistes ou nocives pour les publics vulnérables en occultant les rapports de domination dans lesquelles elles prennent place – selon l’expression de Catharine MacKinnon, la pornographie ce n’est pas « que des mots ». La question n’est pas seulement celle des effets de la pornographie mais celle des conceptions des fantasmes qui sous-tendent ces positions, comme sphère indépendante des pratiques sexuelles, volet psychique de l’oppression des femmes ou catégorie qui déréalise les violences subies par les actrices pornographiques et les femmes dans leur ensemble. De ce point de vue, c’est autant dans la régulation politique des représentations de la sexualité que dans l’émergence d’une sphère fantasmatique autonome vis-à-vis des pratiques sexuelles que la pornographie s’inscrit. C’est à la place de la pornographie dans cette politique des désirs que cette intervention est consacrée : quelles sont les conceptions des fantasmes qui sous-tendent les pratiques et les débats autour de la pornographie ? Qui délimite les frontières de la sphère fantasmatique, pour quels objectifs et selon quels critères ? Quels sont les enjeux d’une politique des désirs ?

Biographie

Mathieu Trachman est sociologue à l’Institut national d’études démographiques, Paris, et coresponsable du master « Genre, politique et sexualité » de l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il a notamment publié Le travail pornographique. Enquête sur la production de fantasmes (La Découverte, 2013), avec Laure Bereni, Le genre. Théories et controverses (Puf, 2014) et l’entrée « Désir(s) » dans L’encyclopédie critique du genre (La Découverte, 2016). Il travaille actuellement sur les violences de genre, les sexualités minoritaires et les enjeux méthodologiques que posent les analyses contemporaines des homosexualités.

 

Mercredi 29 novembre, 17-19h: "Des injustices structurelles à la reconnaissance de la diversité. Regard critique sur l’évolution des politiques publiques contre l’homophobie et la transphobie au Québec."

Professeure invitée : Line Chamberland (Professeure invitée MSH, Université du Québec à Montréal)

Lieu : Salle Henri Janne (15e étage), Institut de Sociologie de l'ULB, Avenue Jeanne, 44, 1050 Bruxelles

Résumé

Les alliances au sein du mouvement LGBTQ au Québec se sont construites en deux temps historiques : autour des revendications concernant la reconnaissance des couples et des familles avec des parents de même sexe (1990-2005), puis celles touchant l’accès à la citoyenneté des personnes trans et l’ajout de l’identité de genre comme motif prohibé de discrimination (2005-2015). Le langage matriciel des droits a servi de cadre de référence pour la négociation avec l’État de changements législatifs garantissant l’égalité juridique formelle et d’une politique publique contre l’homophobie et la transphobie, devant assurer une égalité de fait. Entre le premier et le second plans d’action concrétisant cette politique, adoptés respectivement en 2011 et 2017, la trame idéologique qui légitime les changements préconisés délaisse la prise en compte des barrières structurelles à l’égalité au profit de la notion de diversité. Ce nouveau creuset idéologique – qui fait écho au mantra de la diversité repris par plusieurs entreprises multinationales – dissout le social au profit des identifications subjectives et des droits octroyés aux individus, dans le cadre d’une gouvernance axée sur la diversité, une richesse à comprendre, à reconnaître, à intégrer et… à gérer.

Biographie

Sociologue de formation, Line Chamberland est professeure au département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal. Elle a réalisé plusieurs études sur les différentes formes d’exclusion sociale des personnes marginalisées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, dans des contextes institutionnels tels que le milieu de travail, le milieu scolaire et les services sociaux et de santé. Son implication dans divers groupes associatifs et communautaires lui a permis de tisser des partenariats fructueux avec de nombreux acteurs sociaux. Depuis 2011, elle est titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie (UQAM), dont le rôle est d’accroître et mobiliser les connaissances sur les minorités sexuelles et de genre, en collaboration avec des partenaires institutionnels, associatifs et syndicaux, notamment le Bureau de lutte contre l’homophobie (ministère de la Justice), le Conseil québécois LGBT et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Elle a reçu le prix Pierre Dansereau 2014 soulignant l’engagement social d’un chercheur.

 

Lundi 4 décembre, 9h30-18h: "Workshop “Transnational solidarities and global queer politics”"

Solidarity is often invoked in political and social discussions. It is particularly cherished, and would constitute a fundamental civic virtue. It plays a key role in maintaining nation states together and would be a cornerstone of public welfare system. In brief, it operates as a cement of modern citizenship.  

However, this value is also invoked transnationally, and would apply across borders. It is foundational to the process of European construction, and would also underpin the establishment of the UN system. It justifies why Western states engage in international aid, and would also explain transnational activism.

Solidarity is a polysemic and contested notion. While it is often taken for granted in public debate, any attempt to study it academically raises numerous questions. What is its precise content of solidarity and how does it work? Who has to show his/her solidarity and with whom? What are the borders and the limits of solidarity? 

This workshop will address several of these questions through a discussion of transnational solidarity in global queer politics. When is this notion invoked and how? How can it be used at the same time to justify state support to LGBTQI refugees and to sustain the development of a global movement?

With David Berliner (ULB), Jon Binnie (Manchester Metropolitan University), Agnès Chetaille (IRIS, CNRS), Sonia Correa (Sexuality Policy Watch), Ahmed Hamila (ULB/Université de Montréal), Christian Klesse (Manchester Metropolitan University), Amandine Lauro (ULB), Paul Mepschen (Universiteit van Amsterdam), Ov. Cristian Norocel (ULB), David Paternotte (ULB), Rahul Rao (SOAS), Hakan Seckinelgin (LSE), Lukasz Szulc (LSE), Matthew Waites (University of Glasgow)

English version of the workshop : click here