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Trois grandes conférences F. JULLIEN dès ce 14 novembre


Mercredi, 14 Novembre, 2018 - 18:00 to Mercredi, 13 Février, 2019 - 18:00

Nous avons le plaisir de vous annoncer que nous recevrons prochainement François JULLIEN pour trois conférences :

  

« Comment penser le cours des choses ? Devenir, processus, événement » - Mercredi 14 novembre 2018 à 18h00 à l’auditoire R42.5.503

Le "cours des choses" est une désignation si vague -- une première approche si peu conceptualisée de ce qui ferait le "réel" -- qu'elle paraît échapper aux clivages de la pensée. Et néanmoins s'y perçoivent déjà des options, en amont, qui relèvent de grands choix culturels et laissent apparaître des ressources diverses d'intelligibilité.

Le "devenir" est un terme grec qui ne s'entend qu'en opposition à l'Être ; la "processualité" a été très tôt pensée, en Chine, sous la figure du tao et de sa "viabilité" ; l' "événement", impliquant une rupture avec tout précédent, est ce autour de quoi s'est osé et conçu le christianisme.

Or il ne s'agira pas tant là de comparer ces possibles de l'esprit que de les réfléchir l'un dans l'autre pour sonder leur impensé ; et d'apprécier leur capacité respective pour penser aujourd'hui ce qu'il est toujours -- sous ce terme banal et global de "cours de choses" -- si difficile de penser.

 

« Comment penser la ‘nature’ ? » - Mercredi 19 décembre 2018 à 18h00 à l’auditoire R42.5.503

La Grèce a pensé la "nature" (phusis) en isolant celle-ci tant du faire humain (techné) que d'un sur-naturel aboutissant à Dieu.

Or, n'ayant pas connu -- commis -- ces séparations, la Chine n'a pas isolé la "nature". En un sens même, tout y dit la nature : le "Ciel", comme renouvellement régulé du monde et Fonds sans fond du procès des choses ; mais aussi "Ciel et Terre" s'accouplant et formant la grande polarité ; mais aussi l'avènement spontané (ziran : "de soi-même ainsi") ; mais aussi la "voie", tao, etc. La Chine s'en est trouvée handicapée pour découvrir les lois universelles de la nature qui ont permis à l'Europe d'assurer sur elle sa maîtrise ainsi que de conquérir son hégémonie. Or quelles autres ressources de pensée se sont trouvées enfouies sous ces choix européens -- ressources qui nous seraient nécessaires aujourd'hui pour concevoir le développement durable et l'écologie et d'abord ce que nous appelons, non sans un certain malaise, en Europe, la "communion" avec la nature ? Ressources que la pensée chinoise, pour sa part, a puissamment développées.

 

« Ce qui fait Europe » -  Mercredi 13 février 2019 à 18h00 à l’auditoire R42.5.503

Cette conférence s’inscrit dans le cadre de l’année thématique sur « L’Europe de la connaissance ».

La question n'est pas ce qui -- ou ce que -- serait l'Europe, selon ses caractéristiques propres et donc son "identité".

Mais elle est ce qui fait Europe : à travers les ressources que l'Europe a fait apparaître dans l'Histoire et le commun qu'elle donne, par elles, à partager.

La revendication identitaire a tué l'Europe. Car l'Europe s'est faite de ses "écarts" et de l'entre, en tension, qu'ils ont fait apparaître : entre ses langues ; comme entre le matérialisme et l'idéalisme ; ou bien entre la foi et la raison, etc. C'est à travers ces écarts et dans l'entre qu'ils ont ouvert que s'est promu un commun intensif qui "fait" Europe. Ce sont donc ces ressources communes qu'il faut aujourd'hui explorer pour remobiliser l'Europe. Et ce en commençant par ce commun forgé par les langues de l'Europe. Je débuterai par le mot d'"idéal" à sortir de son oubli, aujourd'hui, et à redécouvrir par écart notamment d'avec la pensée chinoise.

Car la pensée de l'idéal a porté l'Europe.